Tuée pour 10.000 Fcfa, comment le téléphone portable de Fatma Fall a permis d’appréhender Modou Dieng et El Hadji Dramé


Association de malfaiteurs, vol en réunion commis la nuit avec usage d’arme et de violence ayant entraîné la mort, tels sont les chefs d’accusations portés contre El Hadji Dramé et Modou Dieng.

Restitution des faits

Les faits remontent au 20 avril 2012. Cette nuit là, le sieur Mor Talla Fall a informé les agents de la police de Guédiawaye que son épouse Fatma Fall qui avait quitté son lieu de travail pour rentrer à son domicile avait été agressée à hauteur du stade de Guédiawaye.
Les malfaiteurs l’avaient poignardée avec une arme blanche, dépouillée de ses biens et elle succombait à ses blessures à l’hôpital de Pikine, un peu plus tard. Parmi les biens dérobés se trouvait le téléphone portable de son épouse. Le certificat de genre de mort délivré par le docteur Diop du centre hospitalier de Pikine a confirmé le décès et fait état d’une mort suite à une hémorragie secondaire.
Aussitôt cette information reçue, le commissaire en charge de l’enquête a saisi les structures d’opérateurs de téléphonie mobile concernées et celles-ci lui ont fourni l’identification complète du nouvel utilisateur du téléphone dérobé. Les premiers résultats révèlent que le nommé Modou Dieng a utilisé le téléphone le vendredi 20 avril à 11 heures 34 minutes. Ce dernier a été immédiatement arrêté à la suite d’un stratagème mis en place pour l’appréhender.

Les déclarations des complices de El Hadji Dramé devant les enquêteurs

Interrogé, Modou a reconnu avoir, en compagnie d’un de ses amis nommé El Hadji Dramé, agressé la victime avant de la déposséder de ses biens.
Revenant sur les blessures qui ont entraîné la mort de celle-ci, il a soutenu « n’avoir administré qu’un seul coup de couteau sur la main de la dame.
Par contre, c’est son ami El Hadji Dramé qui lui aurait assené le coup fatidique au dos car, elle ne voulait pas se laisser déposséder de ses biens.
Après ce coup de couteau, nous sommes remontés à bord de notre scooter pour se rendre derrière le stade, endroit où nous avons partagé le butin. Il s’agit d’une somme de 10.000 francs et le téléphone portable que nous avons revendu le lendemain à une autre personne après avoir jeté la puce dans la rue ».
Au sortir de son interrogatoire Modou Dieng a désigné le nommé Khadim Sarr comme étant la personne qui aurait utilisé le téléphone portable de la victime le vendredi 20 avril 2012 à 11 heures.
Ce dernier interpellé et entendu a contesté ces propos en soulignant n’avoir ni émis d’appel, ni inséré sa puce dans ledit téléphone.
Il a reconnu simplement avoir écouté des chants religieux avec le téléphone de son ami Dieng avant de le lui restituer. Dans un autre registre, les nommés Mouhamed Diallo et Demba Mbaye ont été retrouvés en possession de la puce Orange.

Entendu à ce sujet, Mouhamed Diallo a soutenu avoir reçu cette puce de Demba Mbaye qui lui avait demandé de vérifier si elle était activée. Après avoir constaté qu’elle était activée, il a eu à l’utiliser pour appeler des connaissances. Demba Mbaye a dit à son tour avoir ramassé cette puce tout près d’une canalisation d’eaux usées.
Ils ont nié être mêlés au meurtre de la dame. Mais Demba Mbaye a admis que les couteaux trouvés chez lui appartenaient à son père.

Modou Dieng qui a comparu seul, change de discours à la barre.

« Je ne reconnais pas les faits. J’ai acheté le portable à 15.000 francs et après avoir inséré la puce j’ai reçu un appel m’informant que j’ai reçu du crédit. On s’est fixé un rendez-vous pour que je lui rende son crédit. C’est ainsi que la police m’a alpagué et je leur ai dit que ce numéro m’appartient. Je leur ai même conduit au lieu où j’ai acheté le téléphone mais le gars était déjà parti. Je ne savais pas que le téléphone appartenait à la victime. Je n’ai jamais été accompagné par El Hadji Dramé ».
Il faut préciser qu’El Hadji Dramé est resté introuvable

Le mari et la maman de la défunte racontent leur version des faits

« Elle a été agressée aux alentours de la maison de son père. Les policiers m’ont appelé pour me dire que l’auteur du meurtre a été arrêté. C’est le même portable qui a été trouvé par devers lui. Le père de Fatma Fall était sous le choc quand on l’a informé de la mort de sa fille. C’est avant-hier qu’il a rendu l’âme », raconte Mère Fall, la maman de la défunte.

Le plaidoyer de la partie civile

« L’accusé ne mérite aucune compassion. C’est quelqu’un qui tout au long de la procédure a passé aux aveux en présence de son conseil Me Abdou Dialy Kane. Mais, il a changé de fusil d’épaule aujourd’hui devant la barre de la Chambre criminelle.
La dame Fatma Fall était une commerçante. Elle partait très le matin à 5 heures pour ne revenir que le soir. Ceci, afin de subvenir aux besoins de ses parents et de son mari. Et pour toute cause et préjudice, la famille demande 10 millions de nos francs ».

Réquisition du parquet

« Les faits sont constants, la dame a été surprise par 2 individus à bord d’un scooter. Ses numéraires et son téléphone portable ont été emportés. Les malfaiteurs l’ont laissée sur les lieux. La victime va succomber à ses blessures à l’hôpital.
Il avait reconnu les faits en citant le nom de son acolyte El Hadji Dramé qui avait participé à ces faits. Devant le juge d’instruction, il a dit ignorer le nom d’El Hadji Dramé. Et, ce matin, à la barre, il a réitéré ses déclarations. Les enquêteurs sont allés au domicile de Dramé qui avait pris la fuite après les faits. Les enquêteurs ont mis sous scellé 4 couteaux dont 2 tachetés de sang ».

Et de ces entrefaites, le parquet a requis la perpétuité et mandat d’arrêt contre Dieng.

La défense

« On ne peut pas imputer les faits à un innocent. Il y a aucun élément de preuve. Il n’y a pas de témoins dans cette affaire. C’est trop léger pour entrer en voie de condamnation. Je vous demande de l’acquitter et de débouter la partie civile de sa demande ».

Le verdict va tomber le7 novembre.

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